Mardi, première heure de ma vie à fouiller des archives. Emotion.
Carnégie, j'indique les références des livres que je dois consulter aux charmantes (ironie ?) dames de l'accueil, ce sont des livres du XVIIe siècle, on m'indique donc la salle "patrimoine". J'entre dans cette salle, personne, juste une archiviste au téléphone. Là, toute tremblante devant le génie de nos ancêtres et de leurs écrits que je vais consulter (j'en fais trop là), je lui tends timidement la feuille où sont notées mes références. Elle se lève, va chercher le préposé-à-ramener-des-bouquins (voire plus loin), me demande en attendant de mettre des gants blancs et d'écrire uniquement au crayon à papier. Attention, on joue dans la cour des grands !!
Les livres arrivent avec grand cérémonial : le préposé-à-ramener-les-bouquins s'avance tout doucement avec deux livres soigneusement coincés entre ses deux mains (ce poste est ô combien important, imaginez qu'il fasse tomber des manuscrits du XIIe siècle et que ceux-ci explosent en plusieurs milliards de grains de poussière, et que justement ça soit dans ces manuscrits qu'on l'on aurait du découvrir que la cathédrale a été construite par des extra-terrestres !! IMAGINEZ l'angoisse de ce pauvre garçon, qui transporte des livres aussi précieux et qui ne s'imagine pas qu'un simple faux pas peut changer la connaissance du monde !!) (ou alors, il peut faire aussi tomber des vieux registres d'impôts dont tout le monde se fiche ... mon dieu quelle vie stressante). Bref, le jeune homme arrive, dépose ses précieux trésors, et repart aussi doucement qu'il est arrivé.
Emue, j'ouvre le premier livre, qui est un recueil de poésies. Pas d'intérêts dans le cas présent. On passe.
Deuxième livre, les pages sont toutes rigides à cause de la lourdeur du temps qui leur a pesé dessus. Ce bouquin est une chronologie des évènements ecclésiastiques de l'avènement du christiannisme jusqu'au XVII siècle (siècle dont date le bouquin, vous suivez, pas besoin de vous le rappeler). Rien de ma foi bien folichont ...
Quand soudain ... (jamais vu autant de suspens dans des archives)
Un homme a laissé des commentaires dans la marge !! Ces commentaire étant tracés à la plume, j'en déduis que l'horrible taggueur n'est pas de notre époque. Après avoir feuilleté le livre, je découvre qu'il s'agit d'un révolutionnaire, qui, après avoir confisqué ce livre à l'Eglise pendant la Révolution, s'est amusé à le lire, et à ajouter ses commentaires (en rapport avec le sujet, bien entendu ...).
D'où le but de cet article, vous communiquer ce magnifique commentaire de ce révolutionnaire anonyme, qui m'a bien fait rire, tellement que la madame l'archiviste devait se demander comment on pouvait rire au milieu d'autant de vieux papiers.
Je cite l'auteur du XVe siècle :
Bochard d'Avènes prevôt des Pierre de l'Isle, oncle et tuteur de Marguerite de Flandres, abusa de la jeunesse, et pour ce fut tué misérablement
.Dans la marge, ajouté par le révolutionnaire :
Bien fait
Merci de votre attention ^^
(Oui, on en apprend vraiment beaucoup dans les archives ! Comment ? Ce pour quoi j'étais venue au départ ? Chou blanc !!!)



